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Un rappel, le 10 octobre 2000
À l’instigation du Docteur Vladimir Chestakov, tout à la fin des années 1990, qui avait été psychiatre à Afonino, des œuvres d’Alexandre Pavlovitch Lobanov venaient rejoindre un lot de travaux d’art-thérapie (dont un certain nombre provenant des archives de l’Académie de Médecine de Iaroslavl).
Ce fonds avait été rassemblé par le Docteur Vladimir Gavrilov, (qui n’a jamais exercé vraiment et encore moins à Afonino, mais donne des cours) et Irina Rehovsky, dans un premier temps, dans le cadre du Musée d’Art de la Ville de Iaroslavl qui dépend de Moscou à partir de 1998.
En janvier 1999, j’exposai mes œuvres, à l’instigation de la mairie de Moscou, dans ce magnifique Musée de Iaroslavl qui à l’époque ressemblait au palais de la Belle au Bois dormant. C’est dans ce contexte que je rencontrais Irina Rehovsky et Vladimir Gavrilov en présence de la Directrice du Musée et de journalistes… Dès lors, je trouvais opportun et souhaitable de faire venir en juillet de la même année la SIPE (Société Internationale de Psychopathologie de l’Expression et d’art-thérapie) ainsi s’est tenu le premier symposium SIPE/ « INYE ». J’ai fait alors venir des œuvres de ce fonds, particulièrement celles de Lobanov et Kaliakine mais pas seulement pour l’exposition de la SFPE au Palais des Congrès de Paris en Juin 2000...
Les œuvres d’Alexandre Pavlovitch Lobanov seront dès lors reconnues et nos amis russes en envoyaient des août 1999 à la Collection d’Art Brut de Lausanne et fêtaient les 75 ans de notre nouvelle star, au Musée de Iaroslavl ! Les oeuvres de Lobanov furent donc exposées au Palais des Congrès de Paris en 2000 et remarquées par Madeleine Lommel (voir article, page 81 - Rencontrer Aleksander Pavlovitch Lobanov - Aleksander Pavlovitch Lobanov, Auteur d’Art Brut les Éditions Aquilon, février 2007).
En octobre 2000 Dominique de Miscault emmène et introduit M. Bruno Decharme à Iaroslavl où il aura l’autorisation à titre privé et scientifique de filmer quelques minutes, Alexandre Lobanov. Ce qu’il fit avec une petite caméra que Dominique tiendra quelques minutes pendant que ces messieurs Decharme & Gavrilov se faisaient offrir des œuvres par Alexandre Lobanov ! J’avais honte et dès lors je comprenais à qui j’avais vraiment à faire. Étaient présents dans cette petite pièce réservée aux visites, de l’hôpital, Alexandre Lobanov bien sûr, un psychiatre, une infirmière, Vladimir Gavrilov et moi-même (j’ai pris un certain nombre de photos que j’ai donné aussi).
Ensuite Monsieur Decharme en a tiré un documentaire (7mn) dont il s’est gardé les prérogatives sans mentionner ni ses sources ni les engagements oraux, ce qui est coutumier en Russie, qu’il avait pris à l’égard de ceux qui lui avaient ouvert les portes. Dominique de Miscault
Octobre 2010
Depuis plus de quarante ans la société de consommation comme un bonbon succulent envahit et obscurcit corps et consciences. Les douleurs les plus insoutenables n’ont pas le droit d’être exprimées sauf si ! SAUF SI elles peuvent être avalées tel un marché potentiel : ventes par le biais de livres, d’articles, de films, de voyages et autres fariboles. Finalement l’Art brut n’a pas échappé à ce raz de marée planétaire. Devenu, art de salon de cuir blanc, il est aujourd’hui entre les mains de marchands ou joueurs français ou autres aventuriers de petite taille mais non moins arnaqueurs !
Dans ce contexte Lobanov, la dernière grande découverte, quoiqu’on en dise continue d’être courtisé ou plutôt est pris en otage ! Deux pleines pages et deux photos dont l’une affiche 6500 € (quatre photos d’œuvres) lui sont octroyées dans le numéro hors série N°4 d’artension ! Le magazine de l’art vivant ou plus justement du faire valoir… à qui mieux mieux il s’échine à gloser pour mieux vendre sans se soucier le moins du monde des ayants droits ou de ceux qui y sont naturellement affiliés avant qu’ils ne puissent se réveiller pour de bon. Vite vite et sauve qui peut, Aloïse en figure de proue, ça ne mange pas de pain et ça « rapportera » gros.
Lobanov sans pérennité, quelle aubaine surtout si on s’échine à brouiller les sources et oublier comment il est arrivé dans vos poches messieurs et mesdames complices de artension Hors série !
On en lit des fadaises et des bêtises ! Monsieur Berst ne peut pas coucher 14 lignes sans erreurs notoires ! Je ne savais pas et bien sûr puisque c’est complètement faux qu’Almazov était dans le même hôpital que notre Lobanov ! brumes des origines ou comment charmer le client. Le clou c’est la biennale de Moscou où Lobanov a été exposé, (mais il l’aurait été quand même), par une entourloupette de Monsieur Decharme et de sa maître à penser qui ont su « séduire » Jean Hubert Martin quelques mois avant la dite biennale en le poussant, non sans de subtils détours, à la présidence du jury de thèse de sa femme. Parcours semé d’embuches, bien orchestré depuis10 ans ! Enfin, ladite Barbara sa thèse en dépoche malgré les aides musclées de sa garde rapprochée d’abcd pouvait être propulsée vers des horizons au combien sereins. Heureuse appât par delà la trop splendide « collection » pour en être vraiment une ! Dans le même numéro, on laisse clairement entendre que la toujours Madame Safarova coordonne les colloques au Collège International de Philosophie : Raccourci publicitaire bien compréhensible dans ce contexte, il y aurait cependant quelques nuances à apporter et quelques ambiguïtés à lever en la matière pour ne pas continuer à tromper un public qui naturellement ne demande qu’à se boucher les yeux pour éviter tout conflit réel !
Dans ce numéro tous y est ! Le bluff est à son comble ! Jusqu’à quand laisserons-nous faire joujou avec le drame des autres ! Et je peux assurer que j’en suis directement victime, ce qui explique ma colère. Dominique de Miscault octobre 2010
Alexander Pavlovitch Lobanov est une authentique figure d’art brut, la dernière grande découverte à ce jour.
Il est né à Mologa, en Russie, en 1924, petite ville qui sera engloutie progressivement à partir de 1940 par la mise en eau du barrage de Rybinsk (les grands travaux – VPK - commandités par Staline dès 1932, qui seront exécutés par les prisonniers des goulags de la Volga).
En 1937 la famille de Lobanov se réfugie à Iaroslavl (à moins de 200 Km au nord-est de Moscou sur la Volga).
Alexandre qui était devenu sourd et muet entre 3 et 5 ans ne peut plus être assumé par sa mère, car il est handicapé - il sera interné en 1945 puis déplacé à Afonino où il décèdera en 2003.
Après une période de grande violence, autour de 1963, il se met et à créer en dessinant et en 1965 travaillera avec Guénady le chauffeur de l’hôpital qui l’amènera à Iaroslavl se faire photographier. Son oeuvre ne sera reconnue qu’en 1999. Il acquiert de ce fait une pension et une « carte d’identité ».
Depuis, avec la reconnaissance sur le marché mondial et le vide juridique qui entourent ce type d’expression, son œuvre est l’enjeu de bien des convoitises.
Le travail d’Alexandre P. Lobanov est d’autant plus intéressant qu’il met à jour l’iconographie soviétique en regard de la maladie psychique. Dominique de Miscault, février 2009